Desigo est la gamme de gestion technique du bâtiment (GTB) de Siemens. Elle réunit un logiciel de supervision, Desigo CC, des automates posés au plus près des équipements, les PXC et un outil d’analyse des données, Desigo Optic. Le principe tient en une phrase : rassembler le chauffage, la ventilation, l’éclairage, les stores, la détection incendie et le contrôle d’accès sur un même écran, puis les faire travailler ensemble. Un exploitant repère une dérive de consommation le matin et ajuste la régulation dans la foulée, sans traverser le bâtiment.
Ce que Desigo de Siemens pilote dans un bâtiment

La plateforme fonctionne en architecture client/serveur. Le serveur héberge les données, les postes clients servent à visualiser et à commander. Cette organisation couvre aussi bien une petite installation mono-utilisateur qu’un campus avec plusieurs dizaines d’exploitants connectés. Chaque profil voit une interface orientée métier, adaptée à ses droits : le responsable énergie ne consulte pas les mêmes écrans que l’agent de sécurité.
L’intérêt réel se joue dans l’intégration. Desigo CC réunit nativement les métiers Siemens du bâtiment : détection incendie, intrusion, contrôle d’accès et vidéosurveillance. Il parle aussi les protocoles ouverts du secteur (BACnet, KNX, LON, OPC, SNMP, ONVIF), ce qui autorise le raccordement d’équipements tiers déjà en place. Des intégrations plus inattendues existent, des ascenseurs aux systèmes de réservation de salles. Une alarme incendie déclenche alors le désenfumage, la libération des accès et la remontée de l’information au poste central dans le même mouvement.
Desigo CC, PXC et Optic : qui fait quoi ?
Trois briques portent le nom Desigo et remplissent des rôles distincts :
- Desigo CC : la couche de supervision, le poste de pilotage où remontent les alarmes, les courbes de consommation et les états d’équipement. La version V9 y ajoute un lien vers le cloud Building X et une application mobile avec notifications push.
- Desigo PXC : les automates de terrain. Ils exécutent les séquences de régulation sur les centrales de traitement d’air, les circuits de chauffage ou les groupes froid et continuent de fonctionner même si la supervision tombe.
- Desigo Optic : la couche d’analyse. Elle s’appuie sur le balisage Haystack, une méthode de nommage standardisée des points de mesure, que Siemens crédite d’un gain de 33 % sur les flux de travail d’exploitation.
Les économies d’énergie, chiffres à l’appui
Les fonctions de régulation Desigo visent la classe A de la norme européenne EN 15232, le niveau le plus performant du classement des automatismes de bâtiment. Siemens annonce jusqu’à 30 % d’économies supplémentaires dans les bureaux à ce niveau de classement, par rapport à une installation standard. La régulation terminale, celle qui agit pièce par pièce, affiche de son côté une certification eu.bac délivrée par un bureau européen indépendant, avec un écart mesuré de 14 % face aux produits courants.
Le module Powermanager complète le dispositif en agrégeant les compteurs électriques et de fluides. Il stocke les consommations, les affiche en tableaux de bord et construit des compteurs virtuels pour isoler un étage ou un usage précis. Ces chiffres constructeur décrivent un potentiel, pas une garantie : le résultat dépend de la qualité du paramétrage initial et du suivi dans la durée. Une GTB bien réglée puis oubliée pendant cinq ans dérive comme n’importe quel équipement.
Faut-il une GTB comme Desigo pour être en règle ?
Le décret BACS impose une GTB dans les bâtiments tertiaires équipés d’un système de chauffage ou de climatisation dépassant certains seuils de puissance. Le calendrier s’échelonne selon l’âge du bâtiment et la puissance installée :
| Bâtiment | Seuil de puissance | Échéance |
|---|---|---|
| Existant | plus de 290 kW | 1er janvier 2025 |
| Existant | 70 à 290 kW | 1er janvier 2030 |
| Neuf | plus de 290 kW | permis déposés depuis le 21 juillet 2021 |
| Neuf | plus de 70 kW | permis déposés depuis le 8 avril 2024 |
Le texte réclame trois fonctions : surveiller, enregistrer et piloter les systèmes techniques pour caler leur fonctionnement sur les besoins réels. Desigo remplit ces conditions, au même titre que les plateformes concurrentes du marché. La réglementation encadre une capacité technique et laisse le choix de la marque ouvert. Un exploitant qui compare plusieurs solutions regarde donc surtout la compatibilité avec ses équipements existants et la disponibilité d’intégrateurs formés près de chez lui.
Moderniser sans tout remplacer
Le remplacement intégral d’une GTB coûte cher et immobilise un bâtiment en exploitation. Siemens répond avec une trajectoire de modernisation par étapes, qui conserve les automates encore fiables et renouvelle les couches logicielles en premier. Cette logique de migration progressive s’observe chez la plupart des fabricants du secteur, poussée par des parcs installés parfois vieux de vingt ans.
Une formule en abonnement existe également : Desigo CC as a service déporte l’infrastructure informatique, les mises à jour et les sauvegardes chez l’éditeur, ce qui réduit l’investissement de départ et permet de regrouper plusieurs sites sous une licence unique. Côté sécurité informatique, la connexion BACnet Secure Connect chiffre les échanges entre équipements. Ce point mérite attention : une GTB relie des milliers de capteurs à un réseau et sa protection compte autant que ses performances énergétiques.

