Dalkia Smart Building, ex-Optimal Solutions, est la filiale du groupe Dalkia (EDF) dédiée à l’éco-efficacité énergétique et au pilotage intelligent des bâtiments. Elle conçoit et installe les équipements électriques et thermiques qui permettent à un immeuble ou à un quartier entier d’ajuster sa production d’énergie à ses besoins réels heure par heure. Sa réalisation la plus citée : l’écoquartier Nanterre Cœur Université, premier double smart grid thermique et électrique de France.
Ce que recouvre l’activité de Dalkia Smart Building
Dalkia exerce dans les services énergétiques depuis plus de quatre-vingts ans et appartient au groupe EDF. Sa filiale Smart Building occupe un créneau plus étroit : la conception et la réalisation d’installations électriques et énergétiques performantes, parfois en ensemblier, c’est-à-dire en portant l’intégralité du lot technique d’une opération. L’entité, immatriculée à Courbevoie, intervient donc en amont du chantier, puis sur la vie de l’installation.
Le mot « smart » recouvre chez Dalkia une famille de sujets : smart building, smart grid, smart lighting, smart city. Le principe commun tient en deux verbes : mesurer, puis arbitrer. Des capteurs relèvent les consommations d’un bâtiment, une supervision compare le besoin instantané aux ressources disponibles et le système module ce qui s’y prête sans dégrader le confort. Les bâtiments exploités sont raccordés à des centres de pilotage qui anticipent les réglages, la maintenance et les interventions des techniciens.
Nanterre Cœur Université, le premier double smart grid de France
Livré en 2020 dans les Hauts-de-Seine, cet écoquartier réunit environ 500 logements, 28 000 m² de bureaux et 6 500 m² de commerces, soit près de 73 000 m² alimentés par un même système énergétique. Deux réseaux intelligents y coexistent et se parlent : l’un thermique, l’autre électrique. D’où l’appellation de double smart grid, revendiquée comme une première nationale.
| Indicateur | Valeur annoncée |
|---|---|
| Surface raccordée | environ 73 000 m² |
| Énergies renouvelables et de récupération | 60 % du mix |
| Électricité produite sur site et autoconsommée | 100 % |
| Émissions évitées | environ 510 tonnes de CO2 par an |
| Équipement géothermique | 90 sondes de 150 m de profondeur |
Sous le quartier, le champ de sondes alimente des thermofrigopompes d’une puissance de 2,4 MW, capables de produire chaud et froid depuis la même machine. S’y ajoutent la récupération de chaleur sur les eaux usées, le photovoltaïque et l’aérothermie, le tout distribué par un peu plus d’un kilomètre de réseau. Le Cerema, dans sa fiche technique, chiffre la baisse d’émissions de gaz à effet de serre du dispositif à 39 %.
Comment deux réseaux se pilotent-ils ensemble ?
L’idée directrice : ne rien laisser filer. Un quartier mixte concentre au même moment des besoins opposés, un commerce qui évacue de la chaleur pendant qu’un logement voisin en réclame. Le couplage des deux boucles transforme ce décalage en ressource.
- La boucle thermique mutualise chaud et froid entre les immeubles : les calories rejetées par les équipements frigorifiques repartent vers les logements plutôt que vers l’atmosphère.
- La géothermie fournit le socle stable, indifférent à la météo de surface, que les thermofrigopompes remontent en température.
- La boucle électrique produit sur place, par photovoltaïque et cogénération, une électricité consommée sur site par les pompes à chaleur et les auxiliaires du réseau.
- La supervision arbitre en continu entre les sources disponibles selon l’heure, la saison et l’occupation réelle des bâtiments.
On ne gaspille plus rien : on récupère, on recycle, on mutualise, résume Céline Lorrain, directrice des ventes de Dalkia.
Cette logique change le statut du réseau de chaleur. Longtemps réduit à un tuyau qui livre des calories, il devient un outil de pilotage de la consommation du territoire, avec ses capacités de stockage et ses arbitrages entre solaire, biomasse, biogaz, géothermie et chaleur fatale.
Ce que ce pilotage change pour les habitants et les collectivités
L’occupant ne voit rien de la machinerie. Il constate une facture de chauffage plus stable, une eau chaude disponible et une climatisation qui fonctionne sans surproduction. Pour la collectivité, l’intérêt se lit ailleurs : un quartier qui produit et consomme localement allège la pression sur les réseaux nationaux aux heures de pointe et sécurise une part de son approvisionnement.
Les ordres de grandeur expliquent l’attention portée à ces montages. Les villes occupent moins de 2 % de la surface terrestre, consomment 78 % de l’énergie mondiale et émettent plus de 60 % du CO2. En 2050, 68 % de la population mondiale vivra en zone urbaine contre 55 % en 2018. Chaque quartier conçu comme un système plutôt que comme une addition de bâtiments déplace donc une ligne dans ce total.
Reste la question du modèle économique, souvent tranchée par le contrat de performance énergétique : l’exploitant s’engage sur un niveau de consommation chiffré et assume l’écart s’il rate la cible. En France, une trentaine de collectivités déclarent travailler sur la smart city, de Soissons à la métropole lyonnaise. Nanterre montre surtout qu’un quartier de 73 000 m² tourne déjà avec 60 % d’énergies renouvelables et locales, sans prototype de laboratoire ni technologie hors de portée.

