SUNSYS désigne la gamme de systèmes de stockage d’énergie par batterie conçue par Socomec, fabricant alsacien d’équipements électriques. Derrière ce nom : des armoires métalliques installées en plein air, garnies de cellules lithium, qui emmagasinent l’électricité d’un parc solaire ou du réseau puis la restituent au moment utile. Une précision avant d’entrer dans le détail : une société informatique toulousaine porte le même nom, sans aucun lien avec le stockage d’énergie.
SUNSYS, du stockage par batterie taillé pour les sites professionnels

Le secteur parle de BESS, pour battery energy storage system. Le principe tient en une phrase : absorber l’électricité quand elle abonde, la rendre quand elle manque. Socomec assemble trois briques pour y parvenir : les armoires de stockage, une intégration en conteneur prêt à raccorder puis une plateforme logicielle qui orchestre les cycles de charge et de décharge.
Le catalogue couvre une plage de 66 à 1000 kVA en puissance et de 92 à 2000 kWh en capacité. Les conteneurs vont du format 10 pieds au 40 pieds, jusqu’à 1 MW pour 1,5 MWh en version standard. Autant le dire tout de suite : rien ici ne ressemble à une batterie domestique. La plus petite configuration emmagasine déjà l’équivalent d’une dizaine de batteries murales de maison individuelle.
HES L et HES XXL : deux gammes, deux échelles
Socomec décline SUNSYS en deux familles. HES L s’adresse aux bâtiments tertiaires et industriels, aux stations de recharge de véhicules électriques ainsi qu’aux sites isolés. HES XXL joue dans une autre catégorie : celle des fermes solaires et du soutien au réseau, avec des puissances qui se comptent en mégawatts.
| SUNSYS HES L | SUNSYS HES XXL | |
|---|---|---|
| Puissance | 100 à 600 kVA | 1 à 6 MVA |
| Capacité | 189 à 1 827 kWh | 1 à 20 MWh |
| Architecture | 4 armoires : conversion, batteries, distribution DC, distribution AC sur mesure | 2 armoires standards, plus distribution DC et contrôle sur mesure |
| Terrain de jeu | bâtiments, bornes de recharge, sites hors réseau | production renouvelable, régulation de fréquence |
Cette architecture en armoires explique la souplesse de l’ensemble. Un exploitant démarre avec une capacité réduite puis ajoute des armoires batteries au fil de ses besoins, sans repenser toute son installation. L’armoire de distribution AC reste dessinée au cas par cas pour épouser les contraintes du site.
Ce que ces batteries changent sur le terrain
Les usages varient selon le raccordement et le profil de consommation du site :
- Optimiser l’autoconsommation photovoltaïque en décalant la production de midi vers les pointes du soir
- Écrêter les pointes de puissance et alléger la part fixe de la facture
- Assurer le secours électrique pendant une coupure
- Alimenter des bornes de recharge rapide sans renforcer le raccordement
- Électrifier un site isolé à la place d’un groupe électrogène diesel
- S’îloter du réseau pour gagner en résilience
Le remplacement du diesel figure parmi les gisements les plus concrets : chantiers, îles, sites miniers ou stations télécoms tournent encore au groupe électrogène.
Pourquoi la chimie LFP domine ces armoires ?
Les armoires batteries embarquent des cellules EnerOne de CATL, en lithium-fer-phosphate (LFP), refroidies par liquide. Cette chimie sacrifie un peu de densité énergétique face au NMC mais elle encaisse mieux la chaleur et résiste à l’emballement thermique, ce scénario redouté où une cellule qui s’échauffe entraîne ses voisines.
Le dispositif de sécurité va plus loin. Chaque armoire réunit détecteurs de chaleur et de fumée, extinction par aérosol, raccord pompier pour arrivée d’eau et panneau de déflagration. Le système entier porte la certification UL 9540A, référence internationale des installations de stockage, complétée par les normes IEC 62368-1 et IEC 62933-5-2. Les codes réseau suivent selon les pays : EN 50549 en Europe, VDE AR-N 4110 en Allemagne, CEI 0-16 en Italie, G99 au Royaume-Uni.
Plus de 500 systèmes installés dans le monde
Juillet 2026 : Socomec franchit le cap des 500 systèmes de stockage vendus dans le monde. Le cinq-centième atterrit à Mutterstadt, en Allemagne, avec 10 MWh répartis en deux modules de 5 MWh, adossés à une centrale solaire de 3 MWc.
D’autres chantiers donnent la mesure de ce que produit ce type d’équipement. L’aéroport de Trieste, en Italie, affiche 70 % d’autoconsommation d’énergie renouvelable depuis la mise en service de son système, un résultat récompensé par deux prix sectoriels en 2026.
Plus de 500 tonnes de CO2 évitées chaque année sur le seul aéroport de Trieste.
En France, un projet d’autoconsommation collective alimente 62 appartements avec la même logique de stockage mutualisé. Chaque installation embarque la plateforme de supervision SoLive PRO BESS pendant cinq ans ; les extensions de garantie portent ensuite la couverture jusqu’à vingt ans.





