Think Smartgrids, l’association qui fait avancer les réseaux électriques intelligents

Think Smartgrids est une association professionnelle française créée en avril 2015. Elle réunit les acteurs des réseaux électriques intelligents : gestionnaires de réseau, industriels de l’électrotechnique, startups du numérique, laboratoires de recherche. Son siège se trouve à Paris. Sa raison d’être tient en une ligne : faire grandir la filière française des smart grids et porter sa voix en Europe comme à l’international.

Think Smartgrids en quelques chiffres

L’association fédère une centaine d’acteurs répartis sur toute la chaîne de valeur des réseaux électriques intelligents. On y croise des gestionnaires de réseau comme Enedis et RTE, des fabricants de compteurs communicants tels qu’Itron, des écoles d’ingénieurs comme CentraleSupélec, des cabinets de conseil et des jeunes pousses de l’effacement. Le vocabulaire maison parle d’une « Équipe de France » des réseaux électriques intelligents, abrégés REI.

Le marché que suit cette filière grossit vite. Une étude EY réalisée pour l’association situe sa croissance à 20 % par an en moyenne entre 2020 et 2030, pour atteindre 6 milliards d’euros et 60 000 emplois à cet horizon. Ces volumes placent les smart grids parmi les segments les plus dynamiques de la transition énergétique française.

Le marché français des réseaux électriques intelligents

20 %
de croissance par an en moyenne entre 2020 et 2030
6 Md€
de marché visés à l’horizon 2030
60 000
emplois attendus au même horizon
≈ 100
acteurs fédérés par l’association

Projections issues d’une étude EY réalisée pour l’association.

C’est quoi un smart grid ?

Un smart grid, ou réseau électrique intelligent, ajoute une couche numérique au réseau classique : capteurs, compteurs communicants, logiciels de pilotage, algorithmes de prévision. Cette couche rend visible en temps réel ce qui entre sur le réseau et ce qui en sort. Le réseau ajuste alors production et consommation à la minute près au lieu de tout dimensionner sur les pointes.

L’utilité saute aux yeux avec la montée du solaire et de l’éolien, dont la production varie avec la météo. RTE et Enedis tablent sur une hausse d’au moins 30 % de la consommation d’électricité française d’ici 2050, portée par les voitures électriques, les pompes à chaleur et l’industrie décarbonée, alors que la consommation d’énergie globale baisserait de 40 %. Piloter ces flux au plus juste évite de surdimensionner les infrastructures.

Ce que fait l’association au quotidien

  • Représenter la filière auprès des pouvoirs publics français, des instances européennes et internationales
  • Publier des travaux de référence : livre blanc sur l’empreinte environnementale des réseaux, baromètre de l’intelligence artificielle dans les réseaux, baromètre des flexibilités de consommation
  • Animer des commissions thématiques (territoires, international, data et digitalisation, relations institutionnelles) et un conseil scientifique présidé par Nouredine Hadjsaid, professeur à Grenoble INP
  • Accompagner startups et PME à l’export, via des learning expeditions et un appui aux appels d’offres étrangers
  • Rapprocher recherche et industrie : référencement des thèses smart grids, journée doctorants-industriels, prix de la thèse

Ces travaux ressemblent à de la plomberie institutionnelle. Ils produisent pourtant des outils qui circulent bien au-delà du cercle des adhérents : un guide de déploiement des smart grids dans les territoires, un catalogue d’offres pour les collectivités, des études sur la data au service de la précarité énergétique. Les collectivités y trouvent des modèles d’affaires déjà éprouvés ailleurs, ce qui raccourcit leurs délais de décision.

Flex Ready, le standard qui prépare la flexibilité des bâtiments

Lancée en octobre 2024, la marque Flex Ready constitue la contribution la plus concrète de l’association au chantier de la flexibilité électrique. Elle vise les bâtiments tertiaires : bureaux, commerces, établissements de santé. Un système Flex Ready sait recevoir et interpréter les signaux envoyés par un fournisseur d’énergie, un opérateur d’effacement ou un gestionnaire de réseau, puis adapter le fonctionnement du chauffage, de la ventilation ou de la climatisation.

Le label porte sur les systèmes de commande, pas sur les appareils eux-mêmes. Autrement dit sur la gestion technique du bâtiment, ce cerveau logiciel qui orchestre les usages électriques. L’ambition : un langage commun entre fabricants, exploitants et acteurs du système électrique, pour que décaler une consommation d’une heure relève de la routine plutôt que du projet sur mesure. Un guide d’application accompagne la démarche et un comité de suivi réunit RTE, Enedis et le Gimelec, l’organisation des industriels de l’électricité.

Bâtiment, transports, industrie : les priorités défendues

En janvier 2023, l’association a publié un manifeste pour « une nouvelle révolution électrique au service de la décarbonation ». Le texte part d’un constat que partagent le GIEC et l’Agence internationale de l’énergie.

« L’électrification des usages de l’énergie est un des principaux leviers pour atteindre la neutralité carbone. »

Les recommandations descendent ensuite secteur par secteur, avec des mesures déjà à portée de main.

Secteur Priorité mise en avant
Bâtiment Financer un déploiement massif de pompes à chaleur, qui améliorent l’efficacité énergétique et remplacent les combustibles fossiles
Transports Développer le pilotage de la recharge des véhicules, avant la fin des ventes de thermiques neufs programmée en 2035 dans l’Union européenne
Industrie Électrifier les procédés thermiques et valoriser la chaleur fatale récupérée sur les process

Un dernier chantier revient dans chaque publication : l’électronique de puissance, ces composants qui raccordent panneaux solaires et bornes de recharge au réseau alternatif. Leur généralisation exige des efforts de recherche soutenus. La filière française avance sur ce terrain avec des industriels installés et des laboratoires reconnus, ce qui lui donne une vraie carte à jouer face aux acteurs asiatiques et américains.

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